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mardi 26 octobre 2010

Rayon Z: les scientifiques



Question quiz, en 15 secondes : Si vous aviez un super pouvoir, ça serait lequel ?
Si vous pouviez voler, marcher sur l’eau (à un minimum de 80 km heures, ben oui, à propos de la célèbre vidéo : pour un gars de 75 kilos il faudrait qu’il puisse courir à 80 km heures pour demeurer en surface… il y a des lézards (Jesus lizards, pis non, c’est pas encore un nom de groupe, mais d,une bestiole) qui le font, mais il courent à l’équivalent de 250 km heures sans running shoes…), être ultra-fortes? Si vous pouviez ne jamais vieillir, ne jamais souffrir de carie dentaire, guérir instantanément, vous acheter des pièces de rechange chez le Grand concessionnaire… ?
Cette semaine, le rayon Z présente : comment nous voient les scientifiques ?

Pour se mettre dans leur peau, d’abord, on fait un exercice d’objectivité cynique : combien vaut un corps humain dans le marché actuel ? (Ben quoi ? Faut bien la financer, cette recherche-là !) Et on a beau dire, l’argent, c’est neutre. Après, ce qu’on fait avec…

Mais revenons à nos rats de labo. Si on parle seulement des composantes chimiques, un être humain, c’est pas cher -pas cher : d’après ce que j’ai trouvé, ça tourne autour de 4.50$ US.  En terme d’énergie produite par un individu, on est encore moins rentables : beaucoup de gens ont essayé de calculer le rapport Énergie produite pour 1 humain par rapport à Énergie produite par un baril d’huile. Leurs conclusions : ça nous prend entre 5 et dix ans pour valoir 1 baril (sans compter qu’on en dépense bien plus…). Sur le marché des organes si on les revend TOUS, ça commence à payer. En calcule « roffe » avec les dons de sperme ou d’ovules maximum, ça donne plus ou moins 45 000 000$ US. (Sous forme de cadavre à disséquer, j’ai lu 80 000$ dans plusieurs sites + ou moins sérieux. Ou encore, du remboursement de tous les frais funéraires aux USA parce que la vente de cadavres y est illégale. Site de la BBC.)
Donc, si on fait le calcul : on vaut pas cher en produits de base, on n’est pas efficace au point de vie énergétique, mais nos organes valent chers. Pire, on se casse souvent et un cerveau aussi c’est fragile et pas toujours fiable. En trois mots comme en cent : un seul coup de batte d’alu bien placé peut annuler le génie.

Revenons donc au Rayon Z : Vous êtes des scientifiques, des êtres logiques, des docteurs Spock, à quelles conclusions vous poussent ces faits ?
Vous avez accès aux produits chimiques de base, à la recherche et à la technologie.  Pourquoi ne pas créer des pièces de rechange : ça vaut cher et ça aide le monde ? Ça, on le vit déjà : le remplacement  plus efficace des dents, prothèses internes et externes de tous genres, valves cardiaques etc… et ça va en s’améliorant. On ne peut que s’en réjouir :
(*Exemple extrait vidéo israélien sur notre ami paralysé voir en bas de page pour le site.)

Plus besoin de Frère André aussi Saint soit-il. Par la lorgnette du Rayon Z, sous l’angle des scientifiques, on a déjà envie de s’écrier « Lève-toi et marche ! Car je peux t’aider !». On se rappelle que cette vidéo a été tournée en Israël.

Ensuite on se dit : mais si on peut réussir à compenser des pertes de mobilité pour certains patients, imaginez ce qu’on pourrait faire avec des gens en pleine forme ! D’après vous ? Est-ce que seuls les scientifiques y ont songé ? En tout cas, ceux à l’emploi de l’armée américaine, oui !
(**Extrait 2, voir adresse du site en bas de page.)
Oui, Madame, on est vraiment à l’ère de Iron Man 2. On pourrait créer des « super soldats » portant des exosquelettes plus performant qu’eux mêmes !
Et vlan ! On vient de régler le peu d’efficacité énergétique d’un être humain ! Imaginez ce que ça donne sur un champ de bataille ! Imaginez le ménage que vous pourriez faire chez vous, si vous étiez habillée de même plutôt qu’en pyjama !

Mais bon, il y a énormément de scientifiques qui, malgré l’intérêt évident de jouer à la guerre, préfèrent se pencher sur d’autres épineux problèmes : ceux de notre cerveau, par exemple.
La mémoire est une faculté qui oublie. Il y a des savants qui bûchent depuis des décennies pour trouver le remède définitif à la maladie d’Alzheimer, d’autres ont inventé une solution de rechange, une sorte de mémoire externe-interne. Le Veri-chip. Non, il ne s’agit pas d’une croustille à saveur de vérité, c’est un implant qui permet de retracer les données relatives à un individu (# de carte de crédit, compte bancaire, dossier médical) et qui permet de le localiser grâce à un GPS. Gros comme un grain de riz, le « Veri chip » s’implante sous la peau. Personnellement, je trouve que ça prend tout son sens quand t’es cowboy et que tu l’implantes à du bétail…

Là je vous laisse vous chicaner !  Question de scrupules ! Est-ce que ça aide à la sécurité des individus ou ça nuit à la protection de la vie privée ? Est-ce que les savants nous voient avant tout comme une base de données à retrouver au besoin ? Et si vous aviez un enfant souffrant d’autisme, seriez-vous moins contre ? Un père malade de l’Alzheimer ? Une sœur schizophrène ? Ouais, pas si facile à écarter dans ces cas-là, mais alors QUI a droit à la vie privée ? Qui fixe les limites ?

Que dire aussi des scientifiques qui essaient de modéliser le cerveau humain, de créer un super ordinateur ayant les capacités de notre cerveau sans, j’imagine, pouvoir souffrir de dépression. C’est ce qui se passe en Suisse avec l’expérience Blue Brain.  J’ai même lu qu’on prévoyait pouvoir télécharger un cerveau complet vers 2050. S’il essayait avec le mien aujourd’hui, gageons qu’ils en seraient déjà capables.

C’est pas fini, si on avait une heure de plus, on pourrait jaser un peu des études effectuées sur les cellules souches ! Et que dire des rats et des lapins de laboratoire, nos frères mammifères ?
Pourquoi je vous parle de ça au Rayon Z ?  Ça a commencé en me demandant s’il existait une méthode plus objective d’envisager l’être humain.  Pas se désensibiliser, rationnaliser ce qui vaut la peine de sauver, d’améliorer, de soigner. Dans un monde qui fonctionne avec un système financier et qui tend de plus en plus globalement vers le capitalisme, l’évaluation en argent m’a semblé une méthode cynique, mais pas pire que bien d’autres.
Pas l’argent qu’on vaut à la banque. L’argent qu’on vaut comme corps, dans un marché. (Non, je refuse de tomber dans les blagues de cannibales ou de traite d’enfants en pièces plus ou moins détachées.) Un marché terrifiant, mais justifiable. Transplantations, avancement de la médecine par l’analyse de cadavres etc.  Bien sûr, c’est pas avec un billet de 7 minutes qu’on peut faire le tour de la question, mais. Ben oui, mais.
Si on découvre par le biais de la science que les êtres humains sont vraiment peu rentables, dans le contexte actuel, c’est pas un peu épeurant ? Si on est rentable juste parce qu’on consomme, qu’on permet d’écouler la production (de médicaments ?), de faire rouler l’économie, ça veut dire qu’il y en a beaucoup d’entre nous qui ne valent pratiquement rien, sauf comme source énergétique ou comme donneur d’organes. On s’en souvient,  1 être humain n’égale pas un baril de pétrole, personne n’a encore fait le calcul, mais je me demande bien combien de panneaux solaires il faudrait pour me remplacer ? Et je vous laisse divaguer sur ce que ça veut dire côté « organes ».
Sans tomber non plus dans l’alarmisme ou la fiction à la « Human Centipede »,  ça laisse pas mal de responsabilités lourdes à des gens qui souvent, voudraient bien pouvoir, avant tout, faire avancer la recherche fondamentale, pousser plus loin les connaissances et comme partout, aujourd’hui, il y a la petite voix de l’investisseur qui rouspète qu’il faudrait bien que ça soit « rentable ».
Ah oui, et les assureurs. 
D’après le Rayon Z, aujourd’hui, pour nos amis les savants, il n’y a plus vraiment de fiction en sciences. Quand ils nous regardent, ils voient des possibilités infinies, stoppées uniquement par des facteurs physiques qu’on tend à repousser tous les jours que le Bon Yeu amène, des contraintes financières et surtout, un beau gros paquets de dilemmes moraux en puissance. Et nous ? Nous, si on ne suit pas ce qui se passe en sciences, si on ne s’y intéresse pas, qu’on se comporte comme des rats consentants, qu’on remet toujours aux « autres » le la possibilité de choisir pour nous parce qu’on n’y connaît rien, ben… Bonne chance ma gang de rats !
*http://www.argomedtec.com/

**http://www.reuters.com/news/video?videoId=71604

Verichip :
http://www.positiveidcorp.com/index.html

mardi 12 octobre 2010

Sécurité: dans l'oeil de l'agent qui nous protège


Question quiz, en 15 secondes : Vous sentez-vous dangereuses ?
Pour nous, qui nous considérons inoffensives (sauf en situation de cruise), les gardiens, agents, douaniers et autres brigadiers, nous apparaissent souvent comme zélés, à cheval sur le règlement, bref, « fatiquants ».
Mais cette semaine, grâce au rayon Z on découvre: de quoi avons-nous l’air pour ces agents qui assurent notre sécurité ? À leurs yeux, sommes-nous des victimes potentielles ou des individus suspects ?
Ah oui, au préalable, je tiens à faire une distinction. D’abord, il y a la sécurité active. C’est L’ensemble du plan de sécurité qu’on met en branle durant ou après un événement qui nous menace, comme nous évacuer d’un centre commercial où magasine un tireur fou. Là, on les aime, les agents en bleu, on les trouve utiles.
C’est dans la mise en application des mesures de sécurité passive, que les gens qui nous protègent sont les plus « fatiquants ». Quand ils se mêlent de prévention. Qu’ils demandent la carte de l’Union des artistes à Suzanne Lévesque pour entrer par la porte de côté à la SRC ou bien qu’ils accrochent Chantal Lamarre parce qu’elle bippe en sortant du club vidéo, quand les détecteurs de métal empêchent Sophie Faucher d’entrer, mettons, aux Galeries Lafayette, là, ils nous tapent sur les nerfs.
Pour tâcher de comprendre nos chers agents, utilisons le rayon Z, mettons nous à leur place:
Les responsables de la sécurité possèdent, en principe, un casier judiciaire vierge, ont un sens aigu de l’observation, une bonne mémoire, ils sont impartiaux, honnêtes, ont cultivé leur jugement… Sans ça, ils ne seraient pas là, hein ? Mais oups…
***Engageriez-vous un ancien tueur à gages comme agent de sécurité? En janvier 2004, la direction du collège privé montréalais Jean-de-Brébeuf a commis cette bévue… sans le savoir. Quelques mois plus tard, lors de l’arrestation de son employé, elle apprenait avec stupéfaction qu’elle n’avait pas seulement embauché Charles Bouchard, l’agent de sécurité modèle, mais aussi Réal Simard (son vrai nom), un ancien tueur du clan Cotroni!***
Ça reste l’exception, qui justifie le règle-ment… Le bon vieux cliché qui excuse trop de niaiseries.
À travers le rayon Z « sécurité », vous, toi aussi, et moi et ma mère-grand, sont autant des sujets à protéger, que des meurtriers-ières potentiel-les. Oui, Madame.
C’est sûr, se fiant à son jugement et à ses antécédents, notre agent payé à l’heure pour suivre le règlement de façon quasi paranoïaque aurait tendance à « spotter » Bob, le gars de plus de 6 pieds la tête rasée avec des tatouages sur les jointures gossés au crayon Bic chauffé. L’agent un peu plus rusé se dira que c’est trop facile, que l’habit ne fait pas le moine. (Ni la mère-grand d’ailleurs, puisque, on s’en souvient, c’est en mère-grand que le grand méchant loup s’est déguisé dans l’histoire). Il laissera passer Bob, qui a sa carte d’accès et vous arrêtera VOUS qui l’avez oubliée sur votre comptoir en granit à Saint-Lambert.
Vous vous dites quasiment : ça serait tellement plus simple un système de reconnaissance des empreintes, de la rétine, une puce implantée dans le front, comme ça, j’en aurais pus de problèmes avec la maudite carte ! Nenni ! Vaut mieux se fier sur le gardien, parce que lui voit si vous avez été découpée en morceau par un méchant qui veut entrer en se faisant passer pour vous en tenant votre main à la main ou votre tête sous son bras. Sans blague, j’ai discuté un jour avec un responsable des systèmes de sécurité sophistiqués et le danger est bien réel.  Quant aux systèmes de reconnaissance de la voix, c’est pas si simple, même aujourd’hui : téléphonez à Émilie, la gentille cyber-girl du Bell, elle se fera un plaisir de vous illustrer ce que je veux dire…
Dans une société où l’on brandit le spectre du terrorisme, où, on le sait maintenant, il y a un pédophile dans chaque village, un ouragan qui s’en vient, un tueur en série qui s’ignore mais qui vit pas loin de vous… On « paranoïe ». Et l’apparence de normalité devient elle-même suspecte.

Parenthèse et bémol : La normalité, c’est ben relatif.  Il y a sûrement un endroit où vous avez l’impression que c’est toujours vous qu’on isole de la file pour vous « inspecter », où vous êtes le suspect, la persécutée ?

 Ben moi, oui. Je suis louche en Suisse, en Norvège et chez Holt Renfrew. Je ne niaise pas. Par contre, je passe inaperçue à Paris, même en saison d’attentats, incognito en visite au parlement (pourtant-pourtant) et personne ne m’inquiète quand j’entre chez Stella Mc Cartney à New York. (Logiquement, je serais bien plus dangereuse là que chez Holt, mais bon).

Interlude pédagogique: Même quand on nous considère normales, objectivement, à l’inspection, on est toutes dangereuses.
Qu’est-ce que vous avez en ce moment dans votre sacoche qui pourrait servir à tuer quelqu’un ? Mettons qu’on le passe au rayon X plutôt qu’au rayon Z ?

C’est trop gênant à dire en public ? Je vous déballe ce que contient la mienne, à titre d’exemple : Un couteau suisse (sans commentaire, j’ai été en tournée et dans les guides et scouts du Canada) , une chaine avec des clefs (excellent comme coup de poing américain), de la poudre libre (de t’Anthrax ? De la coke ?), un livre intitulé La RÉVOLUTION industrielle (si son cours d’histoire est loin, à mon agent, je pourrais limite passer pour dissidente), du… paprika fumé (heu, j’ai été chez Milano, il y a peu… C’est un peu cher comme « Pepper spray », mais j’en suis sûre, très efficace), de l’agent liquide et des chèques (pour payer la protection), mon sac à main lui-même est si lourd que je pourrais m’en servir comme masse d’arme ou comme nunchuk.

Si je pognais sauvagement les nerfs, je pourrais donc vous tuer 12 fois, bien qu’une fois suffise.  Et dans la tête de l’agent raisonnable qui m’observe, c’est pas le pistolet qui tue, c’est celui qui appuie sur la gâchette. Suis-je donc apte à devenir folle et à l’attaquer, à attaquer autrui, à m’automutiler ? Ben oui, comme tout le monde !
Sans compter l’espionnage !!! Juste à la SRC ! Avec mon cellulaire ou mon I-pod, ne puis-je photographier les scénarios de téléséries et dévoiler des punches pour les vendre au 7 jours ? Photographier les offres rabais chez Wallmart, la créativité de leurs étalagistes pour revendre les concept à Zeller’s à un prix de fou ? Ça se peut ! OUAIS MADAME !
De mes mains nues, ne puis-je pas graffigner ? Casser du matériel ? M’accrocher après le monde ?
Oui, oui, et encore oui je le peux !
Pis notre agent de sécurité, il n’a pas de scanner pour lire dans mes pensées. J’ai peut-être l’œil flou parce qu’il est un peu cute ou que j’ai pris trop de café, mais lui, il ne le sait pas. Ce qu’il sait en tout cas, c’est que « on court pas de risque », même si j’ai l’air insignifiant, mieux vaut prévenir que guérir. (Encore une fois, deux clichés qui autorisent bien des bêtises et autres homéopathies).
Comme je lis moi-même les journaux et que j’ai des enfants, un jour, je vais sans doute devenir assez folle pour trouver ça normal qu’on scanne tout le monde au portillon. Jeune, on est dangereux, en vieillissant, on devient peureux. Impavide est un mot rare, c’est pas pour rien. Protégez-moi donc de moi-même et des autres, les agents, mais sachez que, des fois, j’ai des envies de violence quand c’est moi que vous « spottez ».

Notes : j’ai presque commandé un mini taser par Internet, ça se fait avec une carte de crédit valide. Si on accepte si bien que le danger soit partout ou qu’ont soit vraiment parano, est-ce qu’on ne va pas tous se retrouver avec une arme dans sa sacoche ? Il y a pas eu des gros problèmes avec les tasers, il y a peu ? Genre, du monde mort ?
Drôle : me suis fait « tasser » au départ d’un vol du Nouveau Brunswick parce que les coquillages enveloppés dans ma robe de nuit avaient une forme suspecte au rayon x.
Me suis aussi fait fouiller de fond en…comble à Zurich parce que j’avais des caps d’acier dans mes bottines.
En Norvège, je me suis fait demander (poliment, quand même) par deux agents de la paix d’où je venais et ce que je faisais à Oslo, parce que je n’avais pas la tête, ni le style d’une femme de l’endroit. Un contrôle, de même, dans un pays si tranquille.
Après le 11 septembre, quelqu’un que je connais (que je ne nommerai pas, même sous la torture) qui habite à Outremont était certain que le danger de terrorisme dans son quartier était bien réel à cause de la présence de familles juives.
 La peur est une ressource naturelle inépuisable. La peur et donc la « sécurité » sont des industries florissantes. Pour vous amuser, tapez « sécurité » et allez voir ce que votre moteur de recherche vous donnera. Bon, moi je suis une nerd, mais j’ai eu ben du fun.





vendredi 8 octobre 2010

Fôtes

Désolée pour ceux qui me lisent, mais je n'arrive pas à trouver comment corriger mes fôtes d'orthographe une fois coupées-collées dans le blog, alors je promets: quand je prends mes notes, je vais faire plus attention.
Pardonnez-moi pour les premières chroniques.

À plustre,

zxxx

Cette semaine, le rayon Z présente : comment nous voient les auteurs de livres de croissance personnelle et de psycho-pop ?


Question quiz, en 15 secondes : Êtes-vous satisfaites de tous les aspects de votre vie ?
Avez-vous déjà acheté un livre de croissance personnelle ou de psycho-pop pour tenter de résoudre une de vos insatisfactions ?
Cette semaine, le rayon Z présente : comment nous voient les auteurs de livres de croissance personnelle et de psycho-pop ?

Attention ! Même si le marché des insatisfaits est énorme, j’ai décidé de mettre de côté le cliché qui veut que ces auteurs-là fassent ça pour l’argent. Je ne suis pas juge dans un procès d’intention…
Restent qu’ils nous voient certainement comme nombreux et comme des gros consommateurs de croissance personnelle:
Dans le site Internet d’une grosse chaîne  de librairies que je ne nommerai pas, il y a 826 pages de six titres de livres de croissance personnelle.  Ça fait combien ça, vite de même d’après vous ?

Proche de 5000, ça madame. J’ai pas tout lu, bien sûr, mais j’en ai lu beaucoup et juste en survolant les titres, ça nous donne des indices sur la perception des auteurs de leurs lecteurs :
 Les sept clefs du bonheur, L’anxiété, le cancer de l’âme, Sortir du moule (j’ajouterais, mets du Pam, mais bon), le bonheur extraordinaire des gens ordinaires, Le décodeur Gestuel et même… Le méta-secret !!! Vous-mêmes, je suis sûre que vous pouvez en nommer au moins 1… ?

Notre auteur est donc un gars, une fille, parfois psy ou pas tant que ça, qui, de bonne foi, observe autour de lui et constate l’immensité du marché de l’insatisfait et analyse les causes de ces insatisfactions :

C’est comme pour tous les auteurs, là, y’a pas tant de canevas que ça… C’est quoi les sources de tous nos malheurs ?

Ben oui ! La santé, l’argent, l’amour, les relations avec les autres, la famille, l’estime de soi… Le bonheur lui-même ou en tout cas, sa recherche est une grosse épine dans le pied des insatisfaits. C’est même pas mal ça, le dénominateur commun : la recherche du bonheur, ça de quoi rendre malheureux.
C’est beaucoup de pression, la recherche du bonheur. Notre futur auteur vis dans le même monde que nous : il voit que la société autour de nous envoie des annonces de madame plus heureuse qui fait du baladi gelée raide su’l yogourt ou qui danse dans les miasmes de son nouveau vaporisateur mural. On est à l’ère du retour du yoga et de l’harmonie obligatoire, facile pour les autres, inatteignable pour NOUS.
Notre futur auteur croissant personnel se dit : celui ou celle qui lève le bras pour acheter un pot d’omega 3, un livre de croissance personnelle ou du yogourt vert, a à peu près le même casting que celui ou celle qui va consulter une voyante. C’est pas sérieux :L’insatisfait va désespérer… Aidons-le !

C’est à ce moment-là que je suggère que sa vision commence à se brouiller, que la poutre arrive dans le rayon Z, quand, les yeux plein d’eau, notre auteur identifie le secteur où il croit avoir plus de sagesse ou plus d’expérience que son prochain.  : le rayon Z fait trop souvent une boucle, ou devient étroit comme un laser, notre auteur, qu’il soit simplement un insatisfaits sage, un coach de vie, un psy ou un médecin, s’observe lui-même ou observe ses clients, ses patients avec qui il a eu du succès. Y peut pas voir tout le monde.

Ce qui fâche mon rayon Z, c’est qu’on propose trop souvent des modèles d’ harmonie standards, des plasters pour soigner un membre amputé. Harmonie, quel mot discordant, soit dit en passant. On inclut rarement le déséquilibre gérable et agréable, dans ces livres-là.
En plus, trop souvent, on tend à penser qu’il y a seulement deux pitons à la responsabilité des individus : soit c’est la faute des autres,  (Famille Toxique, Père Manquant fils manqué) soit c’est de ta faute, pis TU TE tricotes moi-même ton cancer et ce même quand c’est sur un mode positif, comme si on pouvait tout arranger en partant de nous-mêmes, de l’intérieur (Sortez du moule).

Mais on revient à notre auteur : peut importe son point de vue, il se met à s’adresser, toujours en toute bonne foi, à des gens qu’il ne voit plus, parce qu’il est penché sur son livre. Et plus tard, Madame Pouliot de s’écrier en lisant « Le bonheur extraordinaire des gens ordinaire » : Ça a donc ben de l’allure ce qu’il dit.

Mais  Madame Pouliot est en forme, elle lit ça pour se désennuyer, parce que les romans lui tapent sur les nerfs, pis qu’il était en spécial dans une grande surface oùqu’a fait son épicerie. Richard, lit le même livre, mais il est en crise, sa femme vient de le laisser, il est en pleine période de chef Boyardee en bas de chasse roulé dans le sofa. Et il pleure. Pis il achète aussi le guerrier désarmé et Un guide de survie contre les manipulateurs-trices. Et il s’enfonce sans autre support que ses appuis-livres, parce que là, notre auteur de livre de croissance personnelle est loin. Peut-être aux Caraïbes. Richard est tout seul.
Le problème des auteurs de livres de croissance personnelle, c’est qu’ils s’adressent autant à Madame Pouliot qu’à Richard. Leur défi est énorme, les moyens pour réussir inadéquats.

Ce que le rayon Z nous indique, mais il peut se tromper, (vous m’écrirez pour m’en parler), c’est que si les livres de croissance personnelle donnent souvent des bons trucs, il n’apportent pas de support personnalisé, ni de véritable accompagnement.

Et ça, c’est contraire à tout ce qu’ils apprennent aux travailleurs sociaux, par exemple : tu n’ouvres pas de porte si tu es incapable d’apporter l’appui qu’il faut pour que le client puisse la franchir et la refermer.
Le lecteur, Richard, mettons, risque l’échec à répétition, l’insatisfaction plus grande encore, en pédalant dans le macadam à la mélasse à moitié cuite des bonnes intention qui pavent la route vers son enfer personnel. Ça, je suis désolée, fallait que je le lise !
Qu’est-ce qui se passe après ?

La loi du cercle vicieux qui lui fait en acheter un autre pour compléter notre « cheminement ».  Et commence alors trop souvent une sorte de compulsion, de curiosité maladive, de magazinage sans fin du bonheur. En général là, Richard s’est acheté une fontaine de tranquillité, pis quand il ne lit pas, il classe ses outils pour qu’ils soient plus Feng shui.
Notre auteur, lui, en revenant des Caraïbes trouve une pile de lettres de gens qui posent des questions, une liste de rendez-vous de monde qui a besoin de ses lumières…
Il écrit une suite que Richard va acheter. Et Richard n’a pas du tout envie d’écouter son ancienne blonde qui lui suggère de consulter un professionnel…

C’est pourquoi le rayon Z suggère qu’un avertissement soit imprimé sur la jaquette de chaque livre de croissance personnelle publié : toi qui te sens vraiment mal, passe tout droit, rempoche ton 20 et n’achète pas ce livre, mets l’argent dans un pot et va voir un psy. Après, tu te paieras la traite à la librairie.


Le rayon Z présente : le point de vue des extraterrestres.


En avril : Le Discovery Channel a diffusé la série Into the Universe with Stephan Hawking et le très scientifique monsieur nous a averti que, vue sa « vastitude », c’était improbable qu’il n’existe pas de forme de vie ailleurs dans l’univers.

Les extraterrestres existent ET peut-être qu’ils nous observent...

Possibilité de perplexité et de doute quant au bon sens de l’affaire. Réponses : précisions sur Stephan Hawkings.

Si on prend pour acquis qu’il sait de quoi il parle, tout est possible comme formes de vie ça va du vraiment primaire, genre méduse ou amibes avec un quotient de point 5, comme le bière, jusqu’à des civilisations beaucoup plus avancée que nous comme dans Star Trek.

Dans le dernier des cas, si on se fie à ce que l’intelligence peut provoquer comme auto-destruction, ça se peut fort bien qu’ils cherchent un jour à coloniser d’autres planètes.

Nous ? OUI ! Coup de malchance qu’est-ce qu’ils voient en premier ? Notre planète bleue a de l’eau et de l’énergie en masse à même la croûte terrestre, elle est vraiment bien placée pour entretenir la vie : on est dans le trouble. Ils veulent s’en venir ici. Ou nous vider de nos ressources naturelles.

Mais est-ce qu’ils ont les moyens de se rendre?

D’après les dernières théories d’Hawking que je ne me mêlerai pas de vous détailler, oui, ça se peut ! En faisant des bonds intergalactiques qui éliminent les problèmes de temps et de distance. Mais là, je rentrerais dans un trou noir d’explications… Mais là, simulation : Nos voisins d’en haut sont déjà en approche… qu’est-ce qu’ils voient ?

D’abord, ils découvrent qu’on a une orbite « dépotoir », remplie de vieux satellites et de débris spatiaux en tous genres. Et, pendant qu’ils analysent notre atmosphère, ils se mettent à capter des ondes radio. Beaucoup d’ondes radio. Ils pognent une toune d’Orange-Orange, Cité Rock Détente, Good Morning Beirut, les Lionnes, des signaux de cellulaire… Ils se rendent compte qu’il y a des zones de forte activité en surface de la planète. À certains endroits, il y a même des zones de combats et des zones de radio activité en surface.

Mettez-vous dans leurs culottes vertes : ils sont encore loin, de quoi on a l’air ?

OK, mais surtout de vastes fourmilières opportunistes en train de ronger la planète. Après, y’en a un smatte dans le vaisseau qui dit en klygon : oui, mais ces bibittes-là, ça se mange-tu ?

Analyse au scan : non, pas sans une cuisson prolongée. L’homme est bourré de virus

(interprétation libre) qu’il y avait probablement des extraterrestres et que valait mieux ne pas leur faire de tata et garder profil bas, parce que s’ils venaient jusqu’à nous, ça serait comme quand Colomb a envahit l’Amérique. Je me suis pas mise en bikini de l’été, juste au cas où…

Aux lionnes


Comme le dit si bien mon ami Stephan : je suis un peu tannée d’être mortelle.  D’avoir rien qu’une vie, rien qu’un point de vue. Alors j’ai décidé de devenir une extraterrestre, pour pouvoir me propulser dans des mondes parallèles, et comme le dirait Alice et la SQ : passer de l’autre côté du miroir.

Est-ce que c’est de l’empathie ou suis-je paranoïaque ? Mais je veux savoir: Qu’est-ce que LES AUTRES pensent de nous ? ON me parle de tolérance, mais moi, suis-je tolérable ? Aimable, fatigante, normale, manipulable, trop grande, trop petite trop vieille ?

Il y a un créatif en publicité quelque part dans l’univers qui a un télescope orienté dans ma direction et qui m’observe pour me vendre un Mac au lieu d’un PC, un Chamwow au lieu d’un swifter. Et qu’est-ce que mon gouvernement pense de moi s’il autorise les mêmes publicitaires à me bombarder d’annonces de char, mais interdit la publicité de cigarettes ?

Ailleurs dans l’espace, y’a un tatoué qui me trouve beige. Un auteur de fiction qui sait que je suis assoiffée de sang, mais que j’en veux pas sur mon plancher. Un producteur de télé qui a détecté mon côté voyeur et qui m’offre Jersey Shore et Claude Dubois pour le prix du câble.

Encore plus proche de nous, si j’écris « Wouf, quelle fin de semaine ! » sur Facebook , est-ce que Big Brother va « like » et me trouver « wild »?  Et d’ailleurs, parlant de Big, qui est-il vraiment ? Vais-je rencontrer le mien sur Match point com en clamant que j’aime le porto et les balades sur le Mont-Royal ?

Ma bande de chanceuses, je vous propose une exploration dans le cerveau des autres pour répondre enfin et d’une façon définitive à la très sérieuse, très ancienne et très douloureuse question : On a-tu l'air fou ?